Objectifs
- Comprendre les mécanismes qui conduisent à l’érosion hydrique des
sols
- Proposer des pratiques adaptées pour limiter ce phénomène
Déroulé
- L’érosion hydrique des sols correspond à
l’entraînement latéral des particules de sol sous l’effet de
l’écoulement de l’eau. D’abord diffuse, l’érosion se concentre ensuite
sur les points bas, pouvant occasionner d’important dégâts.
Erosion concentrée après un semis de blé
Source
: M. Eimberck, depuis planet-terre.ens-lyon.fr
- L’érosion hydrique peut être décomposée en deux temps :
- D’abord le ruissellement de l’eau sur le sol
- Puis l’arrachage des particules de terre sous l’effet de
l’écoulement de l’eau.
- Les pratiques visant à limiter l’érosion peuvent cibler l’un ou
l’autre de ces phénomènes, ou les deux simultanément.
- L’interculture est un moment particulièrement sensible à l’érosion.
Classer ces trois modalités de gestion vis-à-vis du
ruissellement de l’eau et des départs de terre
(favorise/diminue le ruissellement ? favorise/diminue les départs de
terre?) par rapport à un itinéraire technique sans intervention réalisée
après la récolte :
- Labour (travail du sol profond) ;
- Déchaumage (travail du sol fin) ;
- Semis de couverts intermédiaires.
- La modélisation de l’érosion hydrique en France métropolitaine donne
la cartographie suivante :
Depuis Données
et études statistiques
- Quelles sont les caractéristiques des systèmes agricoles
régionaux qui peuvent expliquer cette carte de l’érosion
hydrique? En particulier, comment expliquer l’augmentation de
l’érosion hydrique observée entre le Massif Central et le bassin
parisien ? Puis entre le bassin parisien et le Bordelais ?
- Pour un même bassin versant, avec une dominance de cultures
céréalières, quelles mesures à l’échelle du paysage
pourriez vous proposer pour limiter l’érosion hydrique, sans modifier
l’importance relative des différentes cultures ?
Réponses aux questions
- Influence de l’interculture sur l’érosion :
- Labour : Diminue le ruissellement par rapport à
l’absence de pratiques (en facilitant l’infiltration de l’eau) /
Favorise les départs de terre à cause de la destructuration des
aggrégats.
- Déchaumage : Pas d’influence sur le ruissellement /
Favorise les départs de terre en créant de la terre fine.
- Couverts : Diminue le ruissellement grâce à la
consommation d’eau par le couvert / Limite les départs de terre car les
tiges freinent l’eau.
Source : Martin et al. (1997)
- Les différences régionales observées pour l’érosion hydrique
s’explique principalement par l’occupation des sols. Malgré des pentes
plus importantes, les prairies permanentes du Massif Central retiennent
les particules de terre et limitent l’érosion par rapport aux
assolements céréaliers du bassin parisien, avec plus de période de sols
nus. Les vignobles comme le Bordelais sont particulièrement sensibles à
l’érosion, avec des parcelles en pentes et des inter-rangs
potentiellements laissés en sol nu.
Source : Cerdan
et al. (2010)
- A l’échelle du paysage, il est possible :
- d’ajouter des bandes enherbées au bord des parcelles pour freiner et
“nettoyer” l’eau qui ruisselle, et ainsi limiter les départs de
terre.
- d’alterner les cultures d’hiver et les cultures de printemps pour
freiner l’eau sur certaines parcelles, et là encore limiter les départs
de terre en limitant l’énergie cinétique.